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Lexique

Par Camille Laverdière

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Alluvion, n.f. Tout matériel, de fin à grossier, transporté et déposé par un cours d'eau. (Le terme ne s'applique pas aux dépôts lacustres et marins : voir Sédiment.)

Arcade, n.f. Face faiblement inclinée, à l'aval d'une roche dissymétrique, constituée de la juxtaposition d'arcatures (voir ce terme) glaciaires.

Arcature, n.f. Face au vide, type de débiture d'échelle décimétrique, concave dans son tracé en plan, faiblement inclinée dans son plancher, créée par la pression d'un bloc morainique à l'exemple de celle, répétitive, qui conduit aux fractures de broutage ; un ensemble d'arcatures juxtaposées constitue une arcade (voir ce terme).

Arène, n.f. (terme désignant autrefois du sable... puis l’aire sablée d’un amphithéâtre.) Matériel meuble développé sur place (arénisation) à partir de la décomposition physico-chimique de formations rocheuses -- ou de cailloux morainiques -- surtout cristallines : arène granitique. Agglomérée, cette dernière devient une arkose, les sables des grès (voir ce terme), toutes étant désignées de roches arénacées.

Arête, n.f. Sur dos rocheux allongé, angle saillant ou ligne d’intersection longitudinale de deux surfaces glaciaires diachrones dont l’une affecte la forme du coup de gouge (voir ce terme), inscrite dans l’autre, par un sous-courant de la glace.

Argile, n.f. Pour les besoins de descriptions morphométriques, fine particule (colloïdale) n'atteignant qu'un micron (voir aussi Limon).

Arkose voir Arène.

Auge glacielle, n.f. Par analogie, si l'auge est le bassin circulaire dans lequel se meut une meule, c'est aussi le résultat d'un bloc rocheux soudé à la base d'une banquise qui s'agite sur l'estran de matériel meuble sous les effets de la marée.

Banc de sable, de galets, de cailloux, de neige, n.m. Accumulation de sable, de galets ou de cailloux, ou encore de neige, recouvrant de petites ou de grandes étendues, ayant différentes formes sous la dynamique de l'eau ou celle du vent, ou des deux éléments combinés.

Basalte, n.m. (du lat. basaltes, «roche noire»). Roche d’origine volcanique issue d’un magma refroidi rapidement au contact de l’air ou de l’eau, constituée de feldspath plagioclase calcique, de pyroxène (voir ce terme) et d’olivine, de couleur foncée, à grains fins, apte à se débiter en structures géométriques verticales dont originent les «tuyaux d’orgue».

Berge, n.f. Bord exhaussé ou rive qui contient un cours d'eau dans son lit ; la berge est dite vive quand l'érosion fluviale, à sa base, la garde en continuel recul, morte ou fossile si elle se trouve hors d'atteinte des eaux, ou soulevée.

Bloc glaciel, morainique ou erratique, n.m. et adj. (pour quelques-uns : un erratique de l'anc. franç. errer, «voyager»). Débris glaciel ou morainique de taille supérieure à 0,2 m, étranger au soubassement rocheux sur lequel il repose, ayant été déplacé par la banquise ou le glacier sur de courtes ou de longues distances. Il est dit bloc perché quand il se trouve au sommet d’une proéminence du relief, bloc à piédestaux si quelques cailloux s'interposent entre lui et son socle, ou bloc instable si le déséquilibre l'emporte.

Bouclier, n.m. À la surface de l’écorce terrestre, des aires stables et rigides de roches primitives, cristallines et cristallophylliennes, résistantes à toute manifestation sous-corticale, sont appelées socles, môles, aussi bouclier parce que ce dernier se présente légèrement bombé à l’exemple de l’arme défensive du combattant. Tel est le cas du vaste bouclier canadien au milieu duquel se trouvent la mer d’Hudson et la baie de James, sans profondeur ; le bouclier québécois désigne une division territoriale .

Bourrelet de rive, n.m. Dit aussi levée naturelle, il correspond à une accumulation de crue fluviale de haut de berge lors de la sortie du cours d'eau de son lit, colonisée par un peuplement arboré vu le milieu mieux égoutté qu'à l'arrière où souvent l'eau stagne.

Bourrelet glaciel, n.m. Celui qui, à la débâcle printanière, permet aux glaces flottantes pressées sur la rive, de se délester de leur charge de cailloux et de blocs par friction et lors de leur fonte ; la forme allongée comprend deux versants, la rampe qui est toujours active, le déversoir qui va finalement se stabiliser avec la croissance du dépôt.

Brouture, n.f. Micro-forme en creux due à la pression du glacier, résultant du détachement d’un éclat du lit rocheux par la rencontre de deux cassures arquées : l’une à l’amont de la pression effectuée par un bloc morainique sur le lit, l’autre à l’aval qui lui est postérieure ; le croisement de ces deux cassures courbes permet le dégagement vertical du fragment. Les broutures n’existent qu’en train.

Brûlé, n.m. (syn. brûlis). Au Québec, toute formation végétale affectée par le passage du feu, en particulier en forêt résineuse ; c’est aussi le résultat d’un feu intentionnel dans le but de se débarrasser d’abattis, entre autres.

Bryophytes, n.f.plur. Groupe de plantes invasculaires, du sous-règne des mousses et des sphaignes, dépourvues de racines qui leur auraient permis de puiser les liquides dans le sol, et de vaisseaux de les distribuer.

Butée, n.f. Saillie rocheuse beaucoup plus longue que large, à face abrupte à l’amont, à surface doucement inclinée vers l’aval, que délimitent souvent des rebords en dépression, parallèles entre eux, l’ensemble résultant d’une inclusion informe plus résistante à l’abrasion glaciaire différentielle que la roche porteuse ; les formes qui en résultent sont très diversifiées suivant la taille et la dureté des corps occlusifs.

Cambrure, n.f. (À définir)

Canal, n.m. (nouv. acc. ; le terme «étier» est déjà utilisé). Le terme désigne avant tout un cours d’eau artificiel, tout en définissant un bras de mer. Dans une nouvelle acception géographique, contrairement au tracé d’un cours d’eau en milieu plat allant des sinuosités régulières jusqu’aux boucles plus ou moins fermées, le mot définissant le tracé rectiligne d’un même appareil fluvial en plaine marine, soit un ruisseau, qu’il soit en devenir ou exondé, ne peut être qu’un canal par analogie.

Cannelure, n.f. Longue dépression allongée dans le sens de l’écoulement glaciaire, plus ou moins fermée aux extrémités, généralement isolée, définie par sa largeur allant de 10 cm à 5 m de largeur, de profondeur beaucoup moindre, résultant de la concentration de l’abrasion en un seul lieu linéaire.

Canyon, n.m. (de l'esp. canon, «tube»). Profonde entaille du plancher rocheux, plus ou moins verticale, par enfoncement d’un cours d’eau qui en fait son lit. Le seul que nous avons connu au Nouveau-Québec, dans tous les termes, est le spectaculaire canyon Eaton (de David E., compagnon de terrain du géologue Albert Peter Low) sur le Caniapiscau ; le cours inférieur de la petite-rivière de la Baleine pourrait être ainsi défini.

Capitonné, (nouv. détermination adjectivale). Surface d'un banc de sable du lit d'une rivière, affectée par des courants qui s'entrecroisent, prenant l'aspect de cellules bombées à l'exemple d'un espace rembourré, piqué de proche en proche.

Cavitation, n.f. (du lat. cavitas, -atis, «cavité»). Mécanisme par lequel l’écoulement sous pression des eaux de fonte à l’intérieur de la glace est moins grande que la tension de l’eau à l’état de vapeur qui s’y trouve emprisonnée, ce qui conduit à un éclatement du système capable de pulvériser les pierres en formes tourmentées, ces dernières aussitôt polies par les éléments abrasifs morainiques charriés par le courant.

Caviture, cavitature, n.f. (du lat. cavitas, cavitatis, de cavus, «creux» ; nouv. cr.). En roche en place, forme en dépression façonnée à l'emporte-pièce par la cavitation, surtout à l'aval de tout obstacle, polie en même temps par les fins matériaux abrasifs en suspension dans l'eau de fusion de la glace.

Champ de blocs, n.m. Toute accumulation serrée de débris rocheux grossiers, de cailloux ou de blocs quelle que soit leur origine, glaciaire, proglaciaire ou glacielle en milieu froid, dans un espace ouvert naturel, est un champ ; si les débris sont épars, il s’agit alors d’épandage.

Champlevure, n.f. Étroite forme en creux de la roche en place, allongée, résultant de l’exploitation par l’érosion glaciaire d’une fracture dirigée dans le sens de l’écoulement ; il en résulte un type de cannelure bordée de deux moulures latérales, l’ensemble trahissant la dynamique à son origine.

Chert, n.m. Silex impur qui est une variété de quartz ; rappelons que l’on transforme ce dernier en vitre. C’est donc un oxyde de silicium, l’oxygène constituant la moitié des éléments de la croûte terrestre, le silicium le quart. Le chert participe donc aux propriétés du quartz en étant très dur, soit 7. Il possède une cassure conchoïdale avec des saillies tranchantes ; nous n’avons plus qu’à songer aux pointes de flèches des premiers chasseurs.

Cladonie, n.f. Type de lichen blanc verdâtre appartenant au groupe de plantes dépourvues de racines et de vaisseaux, lesquelles s'appliquent à la roche en formant des croûtes, reposent au sol, se fixent ou se suspendent aux arbres ; d'aspect arborescent, les cladonies forment de courts tapis serrés, visqueux à l'humidité comme celle de la rosée, cassants sous les pas à la dessication.

Clouure, n.f. Courte égratignure glaciaire affectant la forme d’un clou, tête et tige orientées vers l’aval, après le contact d'un caillou morainique traîné sur le lit glaciaire ; la pointe effilée traduit la tension qui meurt.

Cône d'éboulis, n.m. Accumulation de matériel éboulé, canalisé, affectant la forme d'un cône ; le détachement s'effectuant de la paroi entière prend à ses pieds la forme d'un talus d'éboulis, comme il peut s'agir de cônes soudés ou coalescents ; si les débris demeurent agrippés au versant, il s'agit alors d'éboulis épars.

Côte, n.f. Bande de terre plus ou moins large qui confine à la mer ; elle subit donc indirectement l’action de cette dernière. Sa limite est le trait de côte, le rivage (voir ce terme).

Coup de gouge, n.m. (voir Goujure). Creux allongé du lit glaciaire par un sous-courant de glace s’étant exprimé dans la surface du lit majeur, que des arêtes aiguës encadrent à l’exemple de l’entaille de l’outil tranchant et courbe dans une surface de bois.

Crêtes et sillons glaciaires, f.m.plur. Telle une tôle ondulée, ondoiements de la surface rocheuse, à axes longitudinaux orientés dans le sens de l’écoulement glaciaire ; en coupe transversale, la longueur d’onde va du mètre au décamètre.

Crêtes et sillons glaciels, f.m.plur. Ondulations du lit fluvial, à axes longitudinaux orientés dans le sens du déplacement des glaces flottantes, empilées les unes sur les autres, qui raclent ainsi le fond du cours d’eau à la débâcle printanière ; en coupe transversale, la longueur d’onde va du mètre au décamètre.

Crêtes et sillons morainiques, f.m.plur. Grand ensemble de formes allongées dans le sens du déplacement des glaces, alternativement concaves et convexes, traduisant le peu de matériel meuble déplacé sur surface plane ; moins abondant encore, le matériel ne s'offre plus qu'en de telles formes mais si timides.

Crêtes et sillons pré-littoraux, f.m.plur. À l’exemple des rides de plage, formes qui correspondent à un réseau, sur fond sableux, imitant à la même échelle les grandes oscillations de la houle qui les crée.

Cristalline, adj. (roche ; syn. roche ignée). Tout agrégat minéral formé par le feu, constitué de cristaux se formant au refroidissement ; la croûte terrestre n’était composée à l'origine que de telles roches.

Cristallophyllienne, adj. (roche, du gr. phullon ; syn. roche métamorphique). Toute roche ignée ou sédimentaire transformée par la chaleur et la pression ; ainsi modifiée dans sa texture et sa structure, la roche s’offre souvent en feuillets.

Cryosol, n.m. (du gr. kruos). Type de sol froid, sans horizon si ce n’est une couche de surface de matière organique peu décomposée, caractérisé par un déplacement de ses particules minérales sous les effets de la cryoturbation.

Cuesta, n.f. (de l'esp. «côte»). Relief monoclinal à double pente asymétrique, le front et le revers, généralement séparés par une crête aiguë ; le front abrupt et son talus à ses pieds, s’il est entretenu à vif par la mer, le revers à longs et doux versants, rappellent une marche et sa contre-marche fléchies vers l’arrière.

Cuvette glacielle, n.f. Dans la tangue, dépression d’extraction (arrachage, -ement) verticale de cailloux et blocs rocheux d’échelle décimétriqe, soudés et emportés par la glace flottante à son soulèvement par la marée haute.

Cuvettes fluvioglaciaire et proglaciaire, n.f. Dépressions fermées bordant les eskers (voir ce terme), au pied de ses flancs, ou concentrés à l'intérieur de plaines proglaciaires accompagnant ces derniers ; elles résultent de la fonte tardive de culots de glace morte, longtemps protégés par le recouvrement des alluvions grossières transportées par les torrents intra-glaciaires, ou des sédiments lacustres mis en place dans les étendues d'eau retenues au front du glacier. Ces dépressions fermées appartiennent à une même famille de formes et logent le plus souvent des étangs.

Dallage glaciel ou pavage glaciel, n.m. Simili-pavement de blocs glaciels établi par la pression de la banquise reposant sur des cailloux abandonnés à la surface de matériaux fins ; les débris pivotent sur eux-mêmes jusqu’à ce que leur plus grande surface plate se dispose parallèlement à celle de la face inférieure de la couverture de glace.

Débiture, n.f. Abrupte forme d’arrachement ou de débitage, d’échelle centimétrique à métrique, située face au vide ou à l’aval de toute saillie rocheuse souvent profilée dans le sens de l’écoulement glaciaire, dont les débris constituent les cailloux et blocs morainiques.

Décharge, n.f. Effluent, émissaire ou cours d'eau issu d'un lac, ou s'échappant d'un glacier.

Décrépitude, n.f. (Relief de). Type de relief provenant d'un pan détaché de la calotte glaciaire, inerte, dont la charge morainique est abandonnée verticalement sur place, prenant un aspect informe tout en bosses et creux ; en d'autres occasions, la charge prend la forme des crevasses de la glace au fond desquelles elle se retrouve.

Déflation, n.f. Activité du vent qui se traduit dans le transport de particules très fines à du sable, et qui se manifeste par une érosion (éolienne) ou ablation sur des matériaux meubles, corrasion sur des pierres.

Délaissé, n.m. Bras d'un méandre (voir ce terme) soit une boucle de rivière, abandonnée à la suite de son propre recoupement au droit du pédoncule ténu ; autrement dit, le délaissé résulte de la résection d'un tronçon courbe du cours d'eau au travers de la base du lobe.

Delta, n.m. Par analogie de forme triangulaire avec la lettre grecque ainsi figurée, accumulation alluviale émergente à l'embouchure d'un cours d'eau en perte de compétence, qui se divise alors en bras.

Diaclase, n.f. Toute fracture de la roche en place, généralement d’échelle métrique, sans déplacement des parties, due à des tensions ou à des compressions ; elle pourra être empruntée par l’eau ou exploitée par la gélifraction.

D'Iberville, (mer de ; il serait plus approprié que détroit en soit le générique, à l'exemple du détroit d'Hudson). De Pierre Lemoyne D’Iberville (1661-1706) qui a guerroyé, ou exercé la piraterie en mer d’Hudson. Hydronyme désignant l’ancêtre du détroit d’Hudson, débordant largement sur ses côtes avant que le relèvement postglaciaire du Nouveau-Québec et de l’île de Baffin ne les rétablisse à leur niveau et à leur tracé actuels.

Dissolution, n.f. Action directe de l'eau de pluie, de fonte des neiges comme agent météorique, qui se retrouve dans les lacs et les rivières encore plus chargée d'acides, sur les formations rocheuses solubles dont la matière est ainsi prise en charge.

Dolomie, n.f. (du minéralogiste français Dolomieu). Roche sédimentaire calcareuse renfermant du magnésium ; elle est donc constituée d'un carbonate double de calcium et de magnésium. (Les Dolomites, groupe montagneux italien appartenant à la chaîne des Alpes, sont de roches dolomitiques sculptées d'une façon magnifique par l'érosion sous toutes ses formes.)

Dos et champlevures, m.f.plur. (nouv. désign. à l'exemple de «crêtes et sillons»). Ensemble de bosses et de creux plutôt étroits, allongés dans le sens de l'écoulement glaciaire, résultant du surcreusement au droit de fissures dans la roche en place disposées dans le sens du déplacement des glaces ; en coupe transversale, la longueur d’onde est de l'ordre du mètre.

Drumelin, n.m. (du gaél. druim). Rare accumulation morainique isolée, profilée, à dos rappelant le contenu d’une cuillère renversée, géante ou à grand axe disposé dans le sens de l’écoulement après avoir évidé, à l'amont, une zone rocheuse affaiblie, lit-on. (Nous n'en avons jamais rencontré au Nouveau-Québec ; davantage, ni au nord du Saint-Laurent.)

Drumelinoïde(s), n.m.plur. (du gaél. druim, et -oïde, suff. grec, «qui a l'aspect de»). Formes d'accumulation longuement profilées, étalées en de grands ensembles de débris morainiques de fond très étirés, disposés dans le sens de l'écoulement glaciaire, se terminant plutôt en pointes vers l’aval. Les drumelinoïdes se présentent donc surtout en essaims, de longues dorsales et des sillons se séparant et se succédant, le tout possédant presque l’apparence d’une tôle ondulée d’échelle kilométrique. La diminution du volume de débris déplacés fait alors place à des étirements (voir ce terme) que séparent des sillons.

Dunes, n.f.plur. En milieu boréal généralement bien arrosé, seul le sable de plage de la mer ou de cours d’eau, asséché aux retraits de la marée ou aux décrues, est pris en charge par le vent qui le dépose à l'arrière en dunes informes, ou dans de courtes langues en forêt dites dunes linguiformes, cette dernière d’abord ensevelie avant qu’elle ne meurt étouffée tout en freinant l’activité du vent. Là où la berge est constituée d’un sable généreux, l’attaque du vent peut construire à leur sommet, par délestage, de véritables dunes paraboliques ou en croissant, c’est-à-dire dont les formes affectent la moitié de la figure géométrique.

Écaillure, n.f. Tout débris pelliculaire détaché d’une surface rocheuse, par la gélifraction en milieu froid.

Échiquier, n.m. (nouv. acc.). Image en carrelage résultant d’une superposition de bourrelets morainiques disposés entre eux à angle droit, les uns ou les plus vieux étant alignés sous l’appareil glaciaire en crue, les autres étant disposés annuellement dans une étendue d’eau au front de l’appareil en décrue. Il s’agit d’abord de la mise en place de crêtes et sillons dans le sens de la progression des glaces, à laquelle se superposent des moraines annuelles (voir ce terme) s’effectuant au front d’une glace en fonte. Dans la désignation de l’espace géographique, il s’agit de nommer non plus des unités morphologiques isolées, mais ces mêmes formes s’entrecroisant.

Émoussé, n.m. Vocable descriptif disant le contour de tout débris rocheux, allant d'anguleux tel un gélifract, à arrondi comme un galet, placé sous la dépendance de la structure de la roche et de l'agent de façonnement, ainsi que de la durée ; un indice d'émoussé a été établi par André Cailleux.

Encavure, n.f. (À définir)

Enfonçure, n.f. Toute surface en creux, toute dépression polie par le passage du glacier ; si elle n’est pas assez grande en étendue, le fond hors d’atteinte ne sera affecté qu’à ses rebords.

Enlaçure, n.f. (À définir)

Ennoyage, n.m. (nouv. terme). À l'exemple de débitage, de noyautage dans sa construction, processus, phénomène par lequel une étendue de terrain subit les effets de recouvrement par des eaux montantes.

Ensellure, n.f. Abaissement en forme de selle du plancher rocheux, disposé transversalement à l’écoulement du glacier, résultant de l’exploitation d’une faiblesse de la roche, telle une cassure.

Épeirogénique, adj. (du gr. epeiros, «continent»). Suivant le poids exercé, abaissement ou soulèvement de l’écorce terrestre à partir de la naissance d’une calotte glaciaire comme exemple, ou de sa disparition.

Éraflure glaciaire ou glacielle, n.f. Écorchure superficielle du lit d’un glacier en roche résistante à l’érosion, ou d’une plate-forme d’abrasion littorale par la glace flottante de la mer ou d'un lac, d'un cours d'eau (fleuve ou rivière), chargée de débris de transport, ou ces derniers qui sont eux-mêmes éraflés.

Érosion météorique, n.f. Action de tout phénomène atmosphérique, tels les engels / dégels, les pluies, les vents... sur le bâti terrestre.

Erratique voir Bloc erratique.

Esker, n.m. Étroite forme de terrain en matériel meuble à versants raides, très allongée, souvent sur des centaines de km, néanmoins discontinue, tel un immense cordon à peine sinueux disposé dans le sens d'écoulement des glaces à leur fusion, constituée de sable et de cailloux roulés à partir de débris morainiques. Ce sont donc des constructions fluvioglaciaires à pendage dirigé vers l'aval, à relief aujourd'hui inversé puisqu'elles surplombent le milieu où elles reposent : points bas du paysage, fonds de vallée. À l'échelle du Nouveau-Québec, les eskers se disposent comme les rayons d'une roue autour du moyeu, soit Schefferville là où fondit sur place le gros des restes de la calotte glaciaire.

Estran, n.m. Zone littorale entre deux marées, soit entre le plus bas et le plus haut niveau de la mer ; elle est aussi dite tidale (adj.). Suivant sa pente, elle est réduite à une pointe ou à un bas de falaise, ou s'étend au-delà du kilomètre comme à la baie de Rupert.

Estuaire, n.m. Zone inférieure d'un cours d'eau qui donne sur la mer, et qui subit le balancement de ses marées, souvent précédé d'une vague déferlante, le mascaret (voir ce terme) qui est un courant de flot comme à l'embouchure du Koksoak ou dans la baie de Rupert.

Étiage, n.m. (de «étier», voir ce terme). Le plus bas niveau des eaux d'un lac, d'une rivière.

Étier, n.m. (de la rac. oestus, oesturium). Petit canal côtier permettant la communication d'un marais, d'une mare avec la mer.

Étirements, n.m.plur. À la surface d’une mince couverture morainique sur surface plane, juxtaposition à peine exprimée de larges dos et de creux allongés dans le sens du déplacement de la calotte glaciaire. Dans une désignation restrictive de ces modulations, les dos se signalent souvent davantage à l’attention que les creux, s'identifient même à de bas drumelinoïdes (voir ce terme) avec lesquels ils marquent le passage.

Falaise, n.f. Tout abrupt littoral de roche en place dû à l'érosion marine : contrairement à la falaise vive, la falaise morte est située en retrait de la côte.

Feral, (désignation toponymique d'un terrain minier). De part et d’autre de la Témiscamie inférieure, ou à l’est du lac Albanel, lieu où les formations rocheuses riches en fer et en aluminium, d’où le nom, sont susceptibles d’être exploitées un jour.

Flèche, n.f. (syn. épi). Levée construite de sable, de galets par la dérive littorale, sur un rivage irrégulier, généralement à partir d’appuis à tout saillant : pointe rocheuse, pied de falaise, bloc morainique ou glaciel... Prenant différentes formes et directions suivant la complexité des courants comme à l’entrée d’une baie, même sur les bords ou au fond de cette dernière, comme au large derrière d’un îlot, d’un écueil.

Fluvioglaciaire, n.m. et adj. Matériel meuble et formes résultant de l'action de l'eau de fusion de la glace, tels les débris roulés, tels les eskers (voir ce terme) entre autres (voir Lacustro-glaciaire).

Fondrière à filaments, n.f. (des cartes topogr. : de surface tourbeuse effondrée, ce qui est le cas contraire, et de filaments, soit des lanières qui prennent moins de place que les mares allongées ; voir Tourbière réticulée).

Fonte sur place, n.f. (Relief de). La fusion de la masse de glace encadrant la construction d'un esker (voir ce terme) par l'eau courante, est à l'origine des cuvettes fluvioglaciaires (voir ce terme) qui en résultent, comme du paysage voisin tout en bosses et creux, constitué tant de débris morainiques que fluvioglaciaires.

Forêt bordière, n.f. (nouv. acc.). À l’exemple de mer bordière qui est celle située en bordure d’un océan, la forêt bordière l’est aussi mais contre un cours d’eau installé en milieu tourbicole où le sol est plus égoutté.

Fractures de broutage, n.f.plur. Petites cassures curvilignes du lit glaciaire, emboîtées ou disposées en train, à concavité tournée vers l’aval de l’écoulement, dont la taille d’une unité va du millimètre, surtout du centimètre au décimètre de flèche ou de corde ; elles résultent de la pression d’un bloc morainique poussé par saccades sur le plancher rocheux.

Galbe glaciaire, n.m. Modelé de la roche du lit glaciaire qui répond au résultat d'une dynamique érosive afin de faciliter l'écoulement de l'appareil qui s'écrase ainsi sous son propre poids ; il en résulte aussi des formes d'arrachement auxquelles les faiblesses du bâti rocheux ne sauraient résister. C'est aussi le modelé harmonieux des débris morainiques qui va à son tour participer simultanément aux exigences du même outil sculpteur.

Galet, n.m. (de l’anc. fr. gal, «caillou» ; orig. gaul. ; aussi, nouvelle acc. dans sa taille, illimitée et non 20 cm). À l’exemple des grains de sable sur la plage, que cette dernière soit marine ou lacustre, ou dans le lit d’un cours d’eau, tout caillou roulé par le jet de rive ou le courant fluvial, traîné, percuté, dont l’état émoussé (voir ce terme) qui en résulte par les innombrables chocs donnés et reçus, offre une forme arrondie, surtout aplatie.

Gel, n.m. Froid bien établi précédé d'une phase d'installation, l'engel, et terminé par celle de sa disparition, le dégel.

Gélifract, n.m. Fragment rocheux, quelle que soit sa taille, détaché d'un socle, d'une paroi... sous les effets répétés des variations du froid saisonnier qui permet ainsi la gélifraction, ou le bris par le gel, depuis le départ des glaciers.

Gélisol, n.m. Sol squelettique ou sans horizon, climatique ou subissant le froid le plus extrême, dont la roche mère se déforme sans cesse dans sa structure par l'installation annuelle du gel, d'où son nom, jusqu'à conférer une surface bombée à chaque unité. Le gélisol n'entre à l'existence que l'été, aux dépens du mollisol (voir ce terme) qui correspond à la couche dégelée d'un dépôt meuble appelé pergélisol (voir ce terme) ; ce dernier comprend aussi le roc gelé.

Glaciel, n.m. et glacielle, adj. Terme récent (1959) créé par Louis-Edmond Hamelin pour désigner tant le domaine où s'exercent les manifestions liées à la présence et l'action des glaces flottantes de lacs et de rivières, de la banquise sur la mer, que les processus, les débris déplacés ou les formes construites.

Glissement de terrain, n.m. Quand un cours d'eau s'installe profondément dans une argile dite sensible, si la berge ne peut contenir cette dernière liquéfiée au printemps, alors par une seule fenêtre qui vient de céder s'engouffre une vase qui va s'étaler dans le lit de la rivière laissant derrière un amphithéâtre surbaissé de glissement de terrain.

Gneiss, n.m. (mot all.) et gneissique, adj. Toute roche cristalline ayant subi le métamorphisme, soit des transformations profondes par la chaleur et la pression dans ses nouveaux éléments qui deviennent à grains grossiers ou schisteux, et qui se disposent en bandes.

Goujure, n.f. (du lat., gubia, «gouge»). L'expression «coup de gouge» étant rarement mais déjà utilisé -- comme coup de marteau --, nous suggérons le nouveau terme tiré de goujon, qui est aussi une gouge ou un outil, pour désigner les formes en creux sculptées dans la roche en place par un sous-courant glaciaire.

Grauwacke, n.m. (de l'all. grau, «gris»...). Roche sédimentaire de la classe des arènes, constituée de grains anguleux, fins ou grossiers, sombres ou d'un gris vert, à ciment plutôt abondant.

Grès, n.m. Roche sédimentaire, ou détritique, constituée surtout de sable quartzeux, dits de plage, aussi de grains fins à grossiers d’autres origines. Grès siliceux, calcaires, coralliens, ferrugineux, etc.

Griffures, n.f.plur. (par évocation d’un coup de griffe ou d’ongle). Quelques courtes striures (voir de terme) ou rainures (voir ce terme) divergentes vers l’aval, produites par le déplacement des fragments d’un caillou morainique broyé contre le lit rocheux.

Horizon, n.m. En pédologie, terme établi dans une coupe, appelée profil (voir ce terme), afin de distinguer de haut en bas les couches superposées, appelées horizons, résultant d’évolutions distinctes : la première caractérisée par le départ de matière (horizon éluvial), la seconde l’arrivée (horizon illuvial). Quant à la couche de débris organiques sus-jacente, elle constitue aussi un horizon, ainsi que le matériel meuble sous-jacent, soit celle qui est en fait le dépôt d’origine à partir duquel le sol s’est formé, c'est-à-dire la roche mère.

Hudsonie, n.f. (rég. dû à L.-E. Hamelin : ca, 1971). Étendue géographique qui comprend la mer d’Hudson, ainsi que les terres circonvoisines qui prolongent la surface marine ; aux latitudes élevées du Nouveau-Québec, l’Hudsonie se partage l’espace avec l’Ungava.

Isostasie glaciaire, n.f. (glacio-isostasie). Phénomène d’expression verticale par lequel une portion de la croûte terrestre s’enfonce sous toute surcharge froide, se relève à la disparition de cette dernière.

Jamésie, n.f. (rég. de création récente). Étendue géographique qui comprend la baie de James, d’où son nom, et ses basses-terres constituant une large bande en Ontario, peu large au Québec qui pourrait correspondre, à ce dernier endroit, à l’étendue jadis occupée par les eaux de la mer de Tyrrell.

Krum(m)holz, n.m. (de l'all., Krumm, «rabougri», et Holz, «bois»). Au Nouveau-Québec subarctique, forme prise par un îlot de résineux à la croissance affectée par le froid, aux branches basales protégées par la neige, aux tiges verticales dégarnies par le vent.

Labrador, n.m. (fosse du). Système qui rassemble en un tout des formations rocheuses de différentes origines, plissées, faillées, déplacées par des agents internes et externes leur ayant fait subir une série d'avatars. Appelé aussi orogène (n.m. et adj. du gr. oros, «montagne», et genos, «naissance») du Nouveau-Québec, cette bande large de 70 km traverse obliquement le Caniapiscau à la hauteur du lac Cambrien.

Lacustro-glaciaire, adj. Si le matériel meuble et les formes qui résultent de l'action de l'eau de fusion de la glace sont appelées fluvioglaciaires (voir ce terme), tels les eskers (voir ce terme), aucun mot susceptible d'être adjoint au substantif avec lequel il s'accorde pour exprimer un rapport, n'existe dans le cas des cuvettes issues d'une même eau mais non courante, d'où la désignation adjectivale suggérée.

Laisse de marée, de haut de plage, de tempête, de tourbière, n.f. Ligne ou long cordon de matériaux minéraux rejetés (galets, coquilles...), de débris flottants (bois, herbes, algues... ) abandonnés à un retrait, à la fin d’une activité surtout marine. Tandis que la laisse de tourbière correspond aux lignes de croissance, sur son pourtour, lors des fluctuations saisonnières du plan d'eau sous lequel baigne la formation végétale.

Lemoyne, (Charles ; glacionyme de création). À l'exemple de l'énorme langue glaciaire de Humbold au Groenland, la partie de l'inlandsis nord-américain occupant les bassins sans profondeur de la mer d'Hudson et de la baie de James a été conduit à sa disparition dans l'Atlantique, sous forme d'icebergs entre autres, par un courant de même genre empruntant le détroit d'Hudson : la langue émissaire de Lemoyne. Scindé en deux sous-calottes l'une au Keewatin, l'autre au Nouveau-Québec du nom de Scheffer, les eaux de fonte de cette dernière s’écoulaient vers tous les points cardinaux dont celui à l’ouest où se tenait la mer de Tyrrell (voir ce terme). Comme nous le rappellent les eskers (voir ce terme) accompagnés de cuvettes lacustro-glaciaires (voir ce terme), soit autant d'indices de la fonte sur place de culots de glace morte, les plaines proglaciaires (voir ce terme) et leurs dépressions de même type participaient d'une même odyssée. Justification : n'y a-t-il pas les appellations mer de D'Iberville (voir ce terme), fjord de Ste-Hélène (voir ce terme) et pointe de Maricourt pour désigner l'ancêtre du détroit d'Hudson, le paléo-fjord du Caniapiscau et une pointe dans le même détroit, tous des noms tirés des membres d'une même illustre famille ; voir aussi l'archipel Marie-Anne, fille cadette du même groupe.

Levée, n.f. Toute construction de matériel meuble prenant un certain relief, tel le replat de haut de plage qu'accompagne un talus, à l’encontre du bourrelet comme exemple mieux défini dans sa forme à double versant. Revoir la définition.

Levée naturelle voir Bourrelet de rive.

Lichen, n.m. (du gr. leikhën, «qui lèche»). Du groupe de plantes invasculaires, donc dépourvues de racines et de vaisseaux comme les champignons, les algues et les mousses, les lichens résultent de l'association de deux de ces derniers vivant en symbiose. Leurs formes sont très diversifiées, allant de la croûte appliquée à la pierre, au chevelu accroché aux branches des arbres, ou croissant sur le sable à la façon de minuscules chandeliers à plusieurs branches.

Limon, n.m. Pour les besoins de descriptions morphométriques, fine particule faisant entre 2 et 50 microns. Autrement dit, particule dont la taille est comprise entre celle de l’argile colloïdale et celle du grain de sable le plus ténu.

Littoral, n.m., adj. Le lieu où la mer bat est le littoral ; il s’agit donc d’une zone littorale entre la mer et la terre ferme, suivant l’amplitude des marées, ainsi qu'entre un lac, une rivière et la rive (voir ce terme), mais le rivage (voir ce terme) pour le bord de mer.

Marelle glacielle, n.f. et adj. (syn. de petite mare). Nouv. acc. utilisée à raison par le glacielliste Jean-Claude Dionne -- rappelant aussi la figure et ses cases du jeu d’enfant du même nom -- pour désigner le littoral aux vives eaux qui permet le détachement vertical, par la banquise soulevée par la marée, d’une partie de l’herbier du schorre (voir ce terme), et la création consécutive de minuscules cuvettes.

Marie-Anne, (Lemoyne de Longueuil ; archipelonyme de création). Groupe insulaire dont l'unité principale, la Grande-Île, appartient à un relief de cuesta en fin de côte québécoise de la mer d'Hudson (voir sur la côte ontarienne opposée, le cap Henrietta Maria).

Marnage, n.m. Amplitude maximale de la marée entre la plus basse et la plus haute mer. Dans les estuaires de la baie d'Ungava, dont celui du Koksoak, les vives eaux définissent les plus fortes marées que l'on connaisse, les plus faibles appartenant à la baie de James. La marée montante se dit le flux ou le flot, la marée descendante le reflux ou le jusant.

Mascaret, n.m. Dans un estuaire (voir ce terme) qui est un rentrant marin dont les versants se resserrent, le mascaret résulte du phénomène de la rencontre de deux masses d'eau : celle du flux de la marée d'une part, celle de l’écoulement régulier du cours d’eau de l'autre, d'où l'affrontement s'exprimant par une lame déferlante et remontante.

Matelassé, (nouv. déterm. adjectivale). La surface de la slikke (voir ce terme) matelassée, à l’instar d’un tissu ainsi dénommé, résulte des manifestations érosives et sédimentaires de tous genres qui affectent l’estran, surtout à la débâcle marine printanière qui est la rupture de la banquise soudée au littoral (icefoot / pied de glace, glace de batture), puis livrée à la dérive.

Méandre, n.m. Boucle d'un cours d'eau de plaine alluviale, renfermant un lobe plus ou moins étranglé à sa base ; s'il y a recoupement à ce dernier endroit, le méandre devient délaissé (voir ce terme). Les méandres s'offrent donc en sinuosités aux berges raides et concaves faisant face à des plages en croissant convexes. Ils se présentent généralement en train, à l'exemple des sinuosités du fleuve de Phrygie (en Turquie), le Méandre / Menderes.

Météorisation, n.f. Processus météorique par lequel les agents atmosphériques interviennent dans la modification de la surface de la pierre au cours de l'élaboration du relief : par altération et décomposition des minéraux, désagrégation des agrégats, amenuisement des débris.

Minganie, n.f. (nouv. rég.). Le nom de Mingan regroupe le grand nombre d'îles, à l'ouest de Havre-Saint-Pierre sur la Côte-Nord, sous le générique d'archipel ; la municipalité régionale de comté s'est donné par la suite l'heureux nom de Minganie. Nous ne faisons qu'appliquer aussi ce dernier, en tant que régionyme, au territoire drainé par tous ces tributaires du Saint-Laurent, estuaire et golfe, de Sept-Îles à Blanc-Sablon, et pourquoi pas à partir de la Sagamie.

Mistassinie, n.f. (nouv. rég.). Entité géographique aux limites gravitant tout autour du lac Mistassini, la plus grande étendue d’eau douce du Québec, dont l’agglomération amérindienne sur ses bords est Mistissini. Vers l’ouest, l’espace confine à la Jamésie ; vers le sud, la rivière du même nom, qui se déverse au lac Saint-Jean, établit un certain lien entre les deux territoires. Vers le nord et l’est, les têtes du bassin versant du lac Mistassini pourraient établir les limites de la région, dans les monts Otiches.

Mollisol, n.m. Gélisol (voir ce terme) dégelé en été, ou surface du pergélisol (voir ce terme) si ce dernier est de matériel meuble.

Monoclinal, adj. (du gr. monos, «seul», et klin, «incliner»). Structure d’un relief tabulaire aux couches modérément inclinées dans une direction. Le fond d’une incision comme exemple, dirigé vers l’amont pendage des couches, est désigné d’anaclinal (du gr. ana, «à rebours»).

Moraine, n.f. et morainique, adj. Tout matériel meuble existant, tout débris obtenu à partir de la roche en place, pris en charge par les glaciers, déplacé et délesté plus ou moins loin à l’aval, constitue la moraine, hétérogène et hétérométrique. D’abord vive, morte ensuite à la disparition de la glace, mince ou absente sur les sommets topographiques où elle a été balayée par l’eau de pluie ou de fonte des neiges, plus ou moins épaisse dans les dépressions comme les vallées, la couverture morainique prend des formes diverses qui trahissent son mode de dépôt.

Moraine de poussée, n.f. Moraine frontale résultant d'une récurrence de l'écoulement glaciaire, ou d'une reprise après une halte, se traduisant par la création d'un bourrelet de débris généralement grossier, soit le résultat de l'action d'un bouteur naturel.

Moraine désordonnée, sing. (nouv. désign.) ou de décrépitude. Ensemble de bosses et de creux, ces derniers transformés ou non en étangs de différentes tailles, de matériel morainique plaqué verticalement sur place à la suite de la fusion d'une glace déjà morte.

Moraines annuelles, plur. ou d’hiver. Ensemble de longs bourrelets morainiques, parallèles entre eux et distants d’une même valeur, mis en place l’hiver dans une masse d’eau de fonte prisonnière du front d’un glacier en recul. Ainsi, dans une étendue lacustre souvent très vaste, retenue par le front d’une calotte glaciaire en décrue, la fusion est accélérée l’été, mais bloquée l’hiver. Il en résulte une moraine qui s’étale entre deux fronts successifs en saison estivale, mais qui se concentre au pied de ces derniers en saison hivernale dans une eau à 4°, soit la température de l’eau la plus dense. Il en résulte des constructions de débris glaciaires parallèles au front de la glace, mais perpendiculaires à son écoulement : l’écart entre elles détermine le taux de recul annuel de l’appareil glaciaire.

Moulure, n.f. Rebord arrondi, à profil convexe, d’une surface rocheuse attaquée par l’écoulement glaciaire, en position latérale rappelant alors le quart-de-rond, ou en position amont et affectant ainsi la forme d’un arc écrasé ; en position aval, la débiture (voir ce terme) caractérise la face d'arrachement.

Nappe phréatique, n.f. Désignation de l'eau de fond d'un dépôt meuble, sujette à des fluctuations avec les apports soit atmosphériques, soit d'écoulements souterrains.

Nervure, n.f. Sur surface rocheuse, plus ou moins long cordon en relief, effilé vers l’aval ou dans le sens du déplacement de la glace, protégé de l’action abrasive par une inclusion résistante qui se trouve ainsi dégagée sur sa face amont, et qui se borde souvent d’une dépression semi-périphérique.

Nouure, n.f. (de nouer, «noeud»). Nodosité surbaissée, de forme arrondie à base circulaire ou ovale, de la roche du lit glaciaire, résultant d'une résistance plus grande à l'érosion telle une bombe dans le basalte (voir ce terme), pourtant de même nature pétrographique.

Ocellière, n.f. (nouv. app. du lat. ocellus, dim. de oculus, «oeil» ; à l'image de la composition de la tourbière). Formation végétale d'abord marécageuse, tourbeuse ensuite, dont l'envahissement d'une étendue d'eau sans profondeur, toujours en cours, confère à l'espace un aspect ocellé.

Ostiole de toundra, n.m. (par analogie avec cette partie de la feuille). À la surface d'un sol haut-boréal, aboutissement d'un mouvement de convection ascendant où les particules grossières, favorisées par les cristaux de glace logés d'abord sous chacune d'elles, vont terminer leur course au bourrelet périphérique de la cellule vive.

Palse, n.f. et palsique, adj. En région haut-boréale, matériel meuble portant tourbière confinée ou pas dans une dépression, alors alimenté d’une eau qui se transforme en glace, et qui est ainsi soulevé de plusieurs mètres en une surface (palsique), ou palse, se réduisant ensuite, lors d’un réchauffement climatique, en tertres isolés, appelés palses résiduelles, à sommets plats et tangents entre eux avant leur totale disparition. À ce dernier épisode, l'étang palsique n'est plus que le témoin d'un débris s'étant effondré sur lui-même à la fonte de la glace interne ; si son matériel tourbeux fut d'abord exporté à sa périphérie, il devient étang couronné. Subissant l'érosion littorale, un côté de la palse devenu talus se dit à tort terrasse palsique.

Pavage voir Dallage.

Pergélisol, n.m. (préfixe exprimant un excès, du lat. gelare, «transformer en glace», et solum, «sol»). Sous la pénétration du froid atmosphérique aux latitudes et altitudes élevées, partie superficielle de la croûte terrestre, consolidée ou pas, gelée pour quelques années, surtout plusieurs.

Pessière, n.f. Formation végétale, arborée, constituée d'épinettes (Picea sp.) au Québec, d'épicéas en France ou pesses dont la finale -ière a donné la désignation, comme sapin et sapinière, érable et érablière. Quant à la pessière noire, la plus étendue et de loin au Nouveau-Québec, c’est celle représentée par l’épinette du même spécifique vernaculaire (P. mariana) ; l'épinette blanche (P. glauca), de tout autre port, est beaucoup moins abondante.

Plage, n.f. Sur le rivage (mer) ou la rive (lac, rivière), accumulation en pente là où la vague exerce son action : les sables et les cailloux deviennent mats, s'arrondissent et donnent des galets pour ces derniers. Une plage développée au pied d'un drumelinoïde (voir ce terme) s'alimente de cailloux morainiques, d'abord anguleux, qui se transforment en galets ; les blocs de même origine glaciaire de l'avant-plage, là où les radeaux de glace peuvent exercer leur action, deviennent des blocs glaciels (voir ce terme). Sur ces derniers versants, le retrait du niveau des eaux permet à une succession de plages de devenir étagées. Les plages de la mer de Tyrrell (voir ce terme), se tenant à un niveau supérieur à celui de la mer d'Hudson, sont dites perchées.

Plate-forme littorale, n.f. Rivage marin, rive lacustre tenue par une surface rocheuse qui subit l'action de la vague.

Plutonite, n.f. (roche ; de Pluton, dieu des Enfers) et plutonique, adj. Toute masse ignée d'origine profonde, magmatique, finalement consolidée. Les granites sont des roches plutoniques. (Voir Vulcanite.)

Podzol, n.m. Type de sol de milieu froid et humide, développé aux dépens d’une roche mère (roche non consolidée ou matériel meuble) acide et grossière que recouvrent des débris organiques, caractérisé par un premier horizon lessivé ou éluvial, gris couleur de cendre -- d’où le nom russe du sol -- , d’un deuxième sous-jacent dit d’accumulation ou illuvial, couleur de rouille vu la présence du fer. Un tel profil recouvert d'une accumulation subséquente devient fossilisé.

Poli, n.m., polissure, n.f. Aspect lisse et luisant d’usure de la roche du lit glaciaire par les éléments abrasifs finement triturés de la moraine, telles les argiles, les limons et les sables ; le poli le plus réussi l'est par la cavitation (voir ce terme).

Pollen, n.m. (lat. bot., «poussière»). Agent de la fécondation ou ensemble de grains très fins, produits par la partie supérieure des organes mâles d’une fleur, les anthères portées par les filets dont le tout constitue les étamines ; l’organe femelle s’appelle le pistil.

Profil, n.m. Sol vu en coupe afin d'en distinguer, à partir de la surface, ses horizons (voir ce terme) étagés, c'est-à-dire chacune des couches résultant de développements distincts effectués aux dépens d'une roche mère réduite à la base, soit le matériel meuble d'origine qui occupait tout l’espace.

Proglaciaire, adj. Propre à une mise en place dans une masse d'eau, tel un lac, une rivière ou un bras de mer, s'appliquant ou avoisinant une calotte ou une langue de glace à sa fonte. Ces plans d'eau sont maintenant disparus, ou ont chuté à de bas niveaux.

Pyroxène, n.m. (du gr. pyr, «feu», et xénos, «étranger»). Minéral qui entre fréquemment dans la composition des roches ignées, et de certaines roches métamorphiques, avec le quartz, les feldspaths et les micas... mais ils n'ont pas d'utilisation pratique.

Rainure glacielle, n.f. Large sillon, d'échelle métrique en longueur, parfois décamétrique, inscrit dans le matériel fin de la slikke (voir ce terme) par un bloc rocheux soudé à la base d'un radeau de glace en déplacement.

Rainures glaciaires, n.f.plur. Si les striures sont de petites égratignures du lit glaciaire, les rainures en sont de grosses, rectilignes, parfois courbes si la topographie l’exige, parallèles entre elles, dont la profondeur fait à peu près le tiers de la largeur, de longueur la plupart du temps indéterminable puisqu’elles se succèdent et se chevauchent les unes les autres ; si les cailloux à leur origine tressautaient, elles sont dites alors broutées.

Rampe glaciaire, glacielle, n.f. Face amont de tout monticule rocheux dont le galbe glaciaire, spécialement d'une roche moutonnée ou dissymétrique, se termine par une face aval débitée, au dos allongé, aux versants à double plan de courbure. Plan incliné d'une construction littorale, fluviale, qui à la débâcle printanière permet aux glaces flottantes, pressées sur la rive, de monter à son assaut ; immobilisées, ces dernières se délestent de leur charge de cailloux et de blocs à leur fonte.

Rapide(s), n.m.sing. ou plur. Rupture de pente de la surface d'un cours d'eau, plus ou moins longue mais de faible dénivellation : sur un lit déclive, parmi affleurements ou blocs rocheux, les rapides prennent alors de la vitesse avec tumulte et bouillonnement, tout en réduisant parfois leur largeur.

Rayures, n.f.plur. Ensemble de marques glaciaires où striures (voir ce terme) et rainures (voir ce terme) se confondent vu la diversité granulométrique des matériaux abrasifs responsables de l’usure du lit rocheux, vu la résistance à l’abrasion de ce dernier ; la dissolution ultérieure confond aussi des signes pourtant nets à l'origine. De telles marques, courtes et irrégulières dans leur tracé, résultent aussi de manifestations glacielles.

Reptation, n.f. (du lat. reptatio, «action de ramper»). Phénomène par lequel les débris, sur plans inclinés, sont soulevés à l’engel par l’eau logée à leur base, puis s’affaissent au dégel suivant la verticale pour ainsi cheminer en dent de scie vers le bas.

Réticulation, n.f. (du lat. reticulum, «réseau»). En géomorphologie dite froide, processus par lequel le matériel meuble, ou organique, se dispose en un réseau prenant l'aspect de cellules, ou se disposant en bandes (voir Terrain réticulé, tourbière réticulée).

Rides de marée, de plage, de courant... petites ou grandes, vives ou fossilisées, n.f.plur. Réseau de légères ondulations à la surface de matériaux meubles sous les effets de l’oscillation du plan d’eau à son aller, comme à son retrait.

Rigoles de ruissellement, n.f.plur. En milieu découvert, ensemble de sillons peu profonds soit quelques centimètres, parallèles entre eux et distants de moins d'un mètre, sur surface neigeuse d'abord croûtée, sollicités par la plus grande pente ou perpendiculaires aux courbes de niveau ; ils disparaissent en de petites dépressions circulaires à la perte de la pente. Nous en avons observées lors de certains hivers au Québec tempéré et boréal ; la croûte neigeuse peut porter le coup de patin.

Rive, n.f. et rivage, n.m. Dans le premier cas, bande de terre qui borde une surface d'eau douce, dans le second, d'eau salée. Ou encore, la rive appartient au cours d'eau (aussi berge (voir ce terme)) et au lac, le rivage est soumis à l'action de la marée et du déferlement de la mer ; ce dernier désigne alors la limite de la côte d'un estuaire, d'un détroit, d'une mer ou d'un océan.

Roche dissymétrique voir Roche moutonnée.

Roche moutonnée, n.f. (vieux terme suggestif pour désigner l'une des formes glaciaires la plus commune de son domaine). Croupe rocheuse de toutes les tailles, de décimétriques à décamétriques, caractérisée par son profil en long asymétrique -- d'où le terme de roche dissymétrique --, dont les formes s’individualisent par leur galbe tout en douceur, profilé dans le sens de l’écoulement de la glace à l’amont, taillé en une ou plusieurs faces d’arrachement à l’aval. Dans son tracé en plan ovale, ses flancs s’accusent à leur raccord à double courbure, son dos arrondi s’étire, poli et égratigné comme les autres parties, sauf au droit des débitures (voir ce terme) superposées d’où se sont détachés les cailloux et blocs morainiques anguleux.

Roche ondulée, n.f. Ondulations presque imperceptibles de la surface rocheuse, à axes longitudinaux orientés dans le sens de l’écoulement glaciaire ; en coupe transversale, la longueur d’onde va du décimètre au décamètre.

Sainte-Hélène, (fjord de) : Nom dédicatoire tiré du frère de Pierre Lemoyne d'Iberville, Jacques Lemoyne de Sainte-Hélène (1659-1690). Au temps de la mer de D'Iberville (voir ce terme) au retrait de la calotte glaciaire vers le sud, soit du détroit d'Hudson vers l'intérieur du Nouveau-Québec, longue pénétration de cette dernière dans la vallée du Caniapiscau jusqu'au canyon Eaton.

Saltation éolienne, fluviale, n.f. (du lat. saltare, «sauter»). Sous la force du vent dit de sable -- aussi sable éolien ou mouvant -- , entraînement par bonds des fines particules, ou par reptation (voir ce terme) s'il s'agit des particules grossières ; ou encore, entraînement sautillant d'une particule de sable, qui constitue la charge de fond du lit d'un cours d'eau.

Scheffer, (calotte de) : De Mgr Lionel Scheffer (1904-1966), vicaire apostolique du Labrador. Glacionyme pour désigner la portion de l'énorme glacier continental de jadis, allant des Rocheuses au Labrador, ne couvrant plus que le Nouveau-Québec à l'est de la mer de Tyrrell (voir ce terme), ancêtre de la mer d'Hudson. Les tout derniers restes de l'appareil fondirent finalement sur place, de-ci de là comme dans les monts Otiches, dans une grande région comprenant le lieu de l'ancienne ville minière de Schefferville. Prest distinguait trois restes de glaciers : du Nouveau-Québec, d'Ungava et d'Hudson.

Schefférie, n.f. (nouv. rég.). Au centre même du Nouveau-Québec, l’entité géographique correspondrait à une immense étendue où s’évanouirent les restes de la calotte glaciaire dite de Scheffer (voir ce terme), ), dès lors là où les eskers (voir ce terme) sont absents, non les étirements (voir ce terme) qui déterminent le sens de l'écoulement glaciaire, auxquels se superposent transversalement les moraines annuelles (voir ce terme), ou autant de témoins de restes hivernaux, mis en place dans des lacs stagnants, le tout sur un bâti rocheux qui s'impose davantage par sa structure.

Schorre à marelles, Au-dessus de la slikke (voir ce terme), le schorre moins atteint par le balancement des marées se voit coloniser par un herbier sur lequel repose la banquise, l’hiver. Au soulèvement de cette dernière lors des vives eaux printanières, elle arrache une partie de l’herbier auquel elle est soudée. Les marelles ne sont pas tant ces petites mares qui naissent ainsi - le terme n’existe pas dans ce sens mais demeure des plus désignés -- que ces jeux d’enfants consistant à pousser du pied un objet dans les cases d’une figure tracée au sol.

Sédiment lacustre, n.m. Tout matériel déposé, ou en cours de dépôt, dans un lac.

Sédiment marin, n.m. Tout matériel déposé, ou en cours de dépôt, dans la mer.

Skjärs, n.m.plur. (côte à «écueils»). Comme au Nouveau-Québec, les types de côtes de modelé glaciaire, en Norvège en particulier, sont nombreux, d'où le vocabulaire approprié qui s'y est développé, telle la côte à fjords. La côte à skjärs est celle découpée dans des roches résistantes dont l'ensemble des saillants et des rentrants qui en résultent, s'accompagnent d'une barrière de nombreux îlots et écueils : c'est le cas de la côte jamésienne de la baie de Rupert au sud à la pointe de Louis XIV au nord, où débute la mer d'Hudson.

Slikke, n.f., schorre, n.m. L’estran (voir ce terme) où s’exerce le va-et-vient vertical des eaux marines, comprend deux zones tidales : la slikke molle et nue qui est recouverte par toutes les marées, et le schorre qui n’est atteint que par les vives eaux ; ce dernier porte une végétation herbacée dont une partie, agrippée par la banquise et déplacée au loin, devient un radeau de schorre.

Solifluction ou solifluxion, n.f. Lent processus de glissement de surface du matériel meuble sous l'intervention d’une eau de fonte provenant de la glace interstitielle ; ainsi renaît annuellement le mollisol (voir ce terme) aux dépens du pergélisol (voir ce terme) formant masse inerte. Au dégel printanier, le sol arctique s’offre telle une nappe en lent déplacement.

Soulèvement gélival, n.m. Lors de l'engel en milieu hétérométrique, déplacement vertical des débris pierreux traversés par le froid ; le premier cristal de glace formé à leur base amène à la migration l'eau voisine qui se place ainsi dans un état d'énergie minimale. Il ne reste plus à la lentille de glace que de participer au soulèvement sélectif.

Striures ou stries glaciaires, n.f.plur. Succession de fines formes en creux, parallèles entre elles, allongées, de longueur indéfinies ou couvrant la totalité du lit glaciaire, résultant de l’érosion linéaire par les matériaux abrasifs morainiques ; elle permettent de déterminer la direction de l’écoulement des glaciers, non l’un des deux sens.

Striures ou stries glacielles, n.f.plur. Courtes et entrecroisées, elles résultent de l'égratignage de la plate-forme littorale par des débris sertis à la base de la banquise.

Stromatolithe, n.f. (du gr. strôma, «tapis», et lithos, «pierre»). Élément de structure d’une roche sédimentaire calcareuse ou dolomitique, fossilifère, d’âge surtout fini-précambrien, renfermant à l’origine des couches hémisphériques superposées résultant de l’alternance de feuillets bactériens et algiques, induisant la sédimentation de feuillets minéraux, cela à répétition, jusqu’à la création d’une barrière récifale, primitive, prenant la forme d’une colonie de coussins en boule.

Sulcature, n.f. (du lat. sulcus, «sillon»). Forme en creux d’érosion glaciaire, de taille se situant entre le sillon proprement dit et le vallon, i.e. de 5 m de largeur à quelques dizaines de mètres, la profondeur n’atteignant que le tiers de ces valeurs, et pouvant approcher le kilomètre en longueur. Tous ces accidents, quelles que soient leurs tailles, sont aussi appelés des sulciformes (de même racine).

Surface ondulée, n.f. Plancher du lit glaciaire si faiblement ondulé, dans son amplitude transverse à l’écoulement glaciaire, que souvent seul un éclairage approprié permet d’apprécier les différences engendrées.

Syzygie, n.f. Position de la lune en conjonction, ou en opposition, avec le soleil : alors nouvelle lune ou pleine lune desquelles dépendent les valeurs des marées.

Taïga (mot russe), n.f. Autre nom parfois utilisé pour désigner la forêt clairsemée de résineux entre la forêt boréale au sud et la toundra au nord.

Tangue, n.f. et tanguaie, n.f. Vase sableuse dont l'accumulation littorale constitue la tanguaie. C'est donc un sédiment mobile abondant dans les zones tidales : ce sont les estrans (voir ce terme) qui comprennent, à l'arrière, les plages marines. Le sédiment est aussi commun dans les estuaires fluviaux comme dans les marais côtiers.

Terrain réticulé littoral, (de réticule, «filet»). Aspect en réseau de la surface de formations meubles, en milieu terrestre comme en milieu marin, lacustre et fluvial de leurs littoraux, affectée par la gélisolation consécutive à des engels et des dégels, se manifestant lors de mouvements de matière dont des tris, à l'intérieur de cellules accolées, généralement bombées, séparées par des fissures de contraction.

Terrasse, n.f. Forme de terrain en marche d'escalier, découpée dans une nappe de matériaux fins ou grossiers par les eaux marines, lacustres ou fluviales lors du relèvement du littoral, ou de l'enfoncement d'un cours d'eau dans son lit créant ainsi un talus ou sa berge que surplombe le replat ou la surface du fond de la vallée. En milieu émergeant, les terrasses se présentent le plus souvent en gradins étagés.

Terrasse palsique, n.f. Palse (voir ce terme) qui, sur l'un de ses côtés si elle s'est développée contre la mer, subit les effets de l'érosion littorale développant ainsi un talus, le replat étant constitué de la surface pergélisolée.

Tidal voir Estran.

Toundra, n.f. et toundrique, adj. Toute zone froide d'altitude ou de latitude, caractérisée par la présence d'un pergélisol (voir ce terme) en profondeur, d'un mollisol (voir ce terme) en surface l'été qui porte une végétation herbacée propre au milieu, tandis que les affleurements et les blocs rocheux, couverts de croûtes de lichens, les sols nus ou à figures géométriques, définissent aussi le milieu toundrique.

Tourbière réticulée, n.f. et adj. Formation végétale de milieu boréal humide, constituée de courts arbustes sur tapis de sphaignes croissant sur leurs propres débris gorgés d’eau, la tourbe. Elle affecte la forme d’un réseau quand la glace, l’hiver, lacère la tourbe en un patron sollicité et disposé perpendiculairement au sens de l’écoulement des eaux internes. (L’image obtenue rappelle les lanternes chinoises déployées.)

Traîne, n.f. (nouv. acc.). Accumulation morainique modelée, greffée au versant protégé ou aval de tout noyau rocheux topographique, plongeant et s’effilant ensuite dans le sens du déplacement de la calotte glaciaire ; l'obstacle rocheux peut-être dissimulé sous le dépôt meuble .

Troncature, n.f. 1° Surface subitement inclinée et unie du lit glaciaire, ne portant de striures (voir ce terme) folles que plus loin et plus bas, dirigées dans plus d’une direction. Tel est le résultat de la création d’un plan sécant, par débitage, et du détachement du bloc rocheux ; suspendus au-dessus du nouveau lit, la glace et ses débris égratigneurs, disloqués, ne le retrouveront qu’après un certain temps et plus loin.
2° Façonnement d’un angle, à la rencontre de deux plans, soit le talus et le replat d’une terrasse, en une facette due à l’érosion. On rencontre une telle forme tronquée quand le rebord d’une terrasse est de sable sur argile, le premier matériau se laissant facilement emporter.

Tyrrell, (mer de). De Joseph Burr Tyrrell (1858-1957) de la Commission géologique du Canada. Ancêtre de l’actuelle mer d’Hudson qui débordait largement -- parfois jusqu'à 270 m -- sur les basses-terres environnantes, surtout sur celles de la baie de James ontarienne, après le retrait de la dernière grande calotte glaciaire dont le lobe québécois, la calotte de Scheffer (voir ce terme), fondit finalement sur place au centre du Nouveau-Québec.

Ungava, n.m. (rég.). À l’exemple des autres désignations couvrant le Nouveau-Québec, étendue territoriale s’appliquant à la baie d’Ungava et son bassin inférieur qui pourrait coïncider avec l’étendue jadis couverte par la mer postglaciaire de D’Iberville (voir ce terme). L’acception géographique du terme ne correspond pas à celle, récente, désignant la division administrative qu’est la péninsule d’Ungava dont la moitié occidentale relève de l’Hudsonie.

Varve, n.f. Dans un lac d’origine proglaciaire, dépôt vaseux annuel caractérisé par une mince couche hivernale, noirâtre, surmontée d’une couche épaisse estivale, moins fine et grisâtre, qui dénote le rythme saisonnier de sédimentation ; les matériaux morainiques triturés apportèrent d'abord une apparence laiteuse aux eaux de fonte du glacier en recul. Les argiles à varves, ou varvées, du lac Barlow-Ojibouai couvrant tout le nord de l’Abitibi et de l’Ontario, confèrent au territoire la valeur du sol.

Vulcanite, n.f. (roche ; de Vulcain, dieu grec des volcans) et vulcanique, adj. Toute masse ignée de surface, effusive, finalement consolidée. Les basaltes (voir ce terme) sont des roches vulcaniques, d'épanchement. (voir Plutonite.)

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